le Bégud'Trail par l'Anonyme

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La begude trail du 1 septembre 2012-09-02 ou

          la Balade de frère jacques                                

Nous étions une vingtaine à nous retrouver dans le parc de La Bégude en ce samedi 1er septembre autour de frère Jacques, le temps nuageux et un vent plus que frais, ne nous avaient pas découragé, nous avions répondu nombreux à l’appel de ce saint homme.

Accompagné d’Annick, sa fidèle épouse, notre frère Jacques est arrivé chaussé de ses guêtres et de son tee shirt orange, quelle allure a le saint homme !

Frére jacques se reconnait à son air calme et posé ainsi qu’à son crane si joliment dégarni, présentant un aspect poli. Il allait être notre guide pour affronter les 15 kms qui nous séparaient d’un repas concocté avec amour par les membres du comité des fêtes de La Bégude de Mazenc

Deux distances au programme des réjouissances : un 7 et un 15 kms il y en a pour tout le monde, pas de chrono , on part quand on veut. Sur le 15 : deux bosses, frére Jacques nous rappelle la bonne parole, l’effort est collectif : les plus rapides reviennent sur les plus lents, ainsi nous arriverons groupé, l’esprit de notre groupe est la solidarité, le partage, la rencontre dans l’effort, en fait mémère s’est décidée à faire le 15 kms pour avoir le temps de faire la causette avec ses copines et il importe de la ramener vivante à bon port, donc on s’attendra.

C’est donc à l’ordre de frère Jacques que la vingtaine de participants de CSL prend un départ groupé .

Renato, ce renégat, inscrit sur la section vélo mais également le régulier de Pupuce fait la photo de groupe et on démarre enfin, tranquilles.

petite route goudronnée en léger faux plat qui nous conduit à l’approche de la Chabotte , face à la première petite côte, notre saint frère est devant, il ouvre fièrement la marche , seul quelques gueux entachés d’une livrée de pompier se détachent ivres de perf , et de sensations violentes .

Premier croisement, fin de côte, on se regroupe tel que saint jacques nous l’a demandé, mais où est notre guide, il ne s’est pas arrêté, il est parti devant, tentant probablement de ramener les quelques brebis égarées sur la route de la perf, vers l’esprit tout collectif qui se veut d’attendre mémère .

Peu importe nous connaissons les prédispositions de frère Jacques à flâner dans les côtes, nous le rejoindrons plus tard, il est devant et nous ouvre le chemin , seul compte le plaisir de courir dans des petits chemins vraiment sympas , on prend de la hauteur doucement, le parcours est superbe, le temps est gris mais il ne pleut pas.

Mémère est là, nous suit tranquillement jusqu’au lac avant que nous abordions la première difficulté, une côte assez progressive qui nous amène à un belvédère découvrant les collines verdoyantes et le vieux village de Poët Laval, on monte tranquille, c’est beau, de plus haribo est là je retrouve avec plaisir le rythme régulier de sa foulée .

Pupuce et courte patte (alias le petit tonneau mais c’est réservé au intime) sont partis devant. Le sommet est déjà là et il faut bifurquer à droite, pas évident le fléchage est moyen, on risque d’en perdre , on décide d’attendre et d’indiquer le chemin frère Jacques l’aurait voulu ainsi lui qui d’ailleurs brave ces contrées hostiles pour nous protéger d’un problème , il ouvre forcement la voie.

On attend donc pour ne pas en perdre, mais c’est terrible comme il caille, il y a du vent, j’ai bien fait de garder ma veste, notre chère et tendre présidente passe avec ses comparses, on ne risque pas de voir du gibier avec leurs jacasseries.

Seul Annick de la Costière, femme de l’ancien chamoisé manque à l’appel, il vaut mieux attendre, elle se perd souvent parait-il.

Enfin elle arrive, ces petits pas s’enchainent pour finir cette première côte, les cheveux au vent, c’est presque vexée qu’elle basculera dans la descente ayant appris notre crainte de la perdre.

Le mythe la poursuit nous confiera t’elle, en fait elle ne s’est jamais perdue, mais ne sait pas pourquoi parfois elle se retrouve écarter du bon chemin, mais j’arrive toujours au bout nous criera-t-elle, alors que nous la doublons, haribo et moi, pour revenir sur le groupe de féminines que nous protégeons.

Une longue descente tracée dans une coupe bois se dessine devant nous, notre chère et tendre présidente accompagnée de ses comparses est 200 mètre devant, on accélère pour revenir derrière, tranquilles on ferme la marche , seul Annick de la Costiere est derrière nous, on sait qu’elle n’aime pas les descentes et qu’elle y va doucement que nenni on se regroupera au pied de la pente .

Petite pause en bas de la côte , le ravito ne doit pas être loin, avec haribo nous attendons Annick de la Costière et nos muses quand à elles partent vers le ravito , haribo est inquiet Annick de la Costiere tarde, il hèle à plein poumon mais rien ni fait, alors on remonte le sentier et on cherche,on appelle, Annick de la Costière n’est plus là , il me faudra beaucoup de persévérance pour convaincre haribo de continuer, après tout Annick de la Costiere est toujours rentrée au bercail et elle a de l’expérience, ça fait des années qu’avec son fidèle chamois elle bat la campagne .

Je finis par convaincre haribo en lui expliquant que l’ancien chamoisé, époux de dame Annick est devant, certainement bien loin d’ailleurs, se montrant que peu inquiet de sa muse, simplement car il sait lui qu’elle arrivera pour le repas du soir , la preuve en est, c’est qu’il lui a laissé les tickets repas.

On repart donc et on accélère dans un joli sous-bois pour revenir sur nos demoiselles et le ravito est là, à la croisée des chemins, pupuce et courte patte nous y attendent.

Tiens courte patte en est à son cinquième rosé et je suis contraint d’en boire un aussi, zut il manque le saucisson ou le fromage il faudra y penser pour la ronde charolaise, c’est du vécu.

Petit arrêt casse croute, on discute avec nos hôtes sympas, ils nous promettent de s’occuper d’Annick de la Costière, connaissant les bois par cœur ils promettent de nous la ramener au repas si elle ne rejoint pas le ravito par ses propres moyens, haribo est rassuré il va pouvoir courir tranquill .

On repart doucement , c’est la deuxième difficulté de la sortie, une côte de 2 kms , courte patte me double comme un fou, comment il fait ce mec, il boit comme un trou , il mange des tonnes de nutella, il grossit, prends des seins, de plus il ne s’entraine pas et pourtant il grille tout le monde, il est surhumain ce type, ou alors il est diabolique , il faut l’avoir a l’œil .

Je le regarde dubitatif s’éloigner dans la brume, c’est un petit tronc posé sur de courtes pattes qui dans l’effort donne le sentiment de s’allonger, je croise le regard de notre chère et tendre présidente , elle a l’œil pétillant et le sourire amoureux quand elle regarde son bien aimé produire l’effort , il a beau ne pas être très grand, il a quand même une certaine classe quand il court en balançant les bras pour cadencer le rythme

Pupuce et Patrick de chez gamme vert tentent de le suivre , on ne les retrouvera qu’à la Bégude de Mazenc où ils nous attendent pour le passage groupé de l’arrivée comme l’a voulu frère Jacques.

Tiens j’y pense soudain, au ravito aucun de nos hôtes ne nous a fait de remarque sur frère Jacques, étrange, là où il passe il laisse une trace on s’en souvient, est il passé ??

Je ne partagerai pas cette question avec haribo par peur de l’angoisser mais elle me minera doucement de kilomètre en kilomètre.

Nous sommes face à une montée très progressive, en lacet avec une pente douce on peut courir à un bon rythme, c’est sympa, je perds haribo dans la côte, il est inquiet pour mémère je pense qu’il va fermer la marche avec elle.

Haribo est de retour, ça fait plaisir, il a des valeurs humaines ce mec et surtout un fort respect des personnes âgées , il a l’air d’avoir du plaisir à aider son prochain c’est beau, en tout cas c’est clair mémère apprécie .

Ttiens je suis déjà au sommet, trop sympa cette côte, mais il y a Nanou, notre muse à tous, notre espoir de médaille, elle est là qui nous attend, massant son tibia, ah non son mollet, me précise-t-elle ,encore une vieille douleur qu’elle a contractée lors de son dernier entrainement. .

Elle restera longtemps se massant le mollet en contemplant le lointain, je n’ose la déranger c’est une poète Nanou, ça se voit, et tout à coup, elle se lève ferme la barrière d’un parc à brebis avant de m’apprendre que ce parc appartient à son frère, c’est vrai qu’elle a l’esprit de famille, c’est Nanou, ça aussi avec son soucis des autres .

ho le groupe se reforme, mémère arrive tranquille accompagnée par haribo qui promet de se mettre au régime, je ne réponds pas, celle là il me la fait en haut de chaque côte depuis quatre ans.

Notre guide frère Jacques n’est pas là, personne n’en parle, sans doutes est -il devant, il est  parti nous préparer les tables pour le repas ou veiller à ce que nous disposions d’un bon apéro .

Ca doit être ça il faut que j’arrive à m’en convaincre, et si il nous a laissés seuls, il faut le voir comme un vrai signe de confiance, il sait que nous saurons rejoindre l’arrivée dans sa trace , merci frère Jacques , tu es grand .

Après une petite causette, nous repartons, il ne reste que 3 kms de descentes , mémère est souriante , en descente elle nous grille tous même Nicole la jeune qui arrive à courir vite en tchatchant (c’est clair elle a sa place dans le groupe) , une descente dans une ravine piégeuse, mais vraiment jolie nous ramène très rapidement à La Bégude où Pupuce, Courte Patte et gamme vert nous attendent pour franchir l’arrivée sous les applaudissements de Renato qui flash comme un fou.

Je cherche frère Jacques du regard mais rien, il n’est pas là, il n’est pas au buffet ni à l’apéro que s’est-il passé, sa compagne de toujours est inquiète et nous avec, pour autant on ramène nos dossards : surprise on a gagné plein de lots , gamme vert a même décroché le gros lot, un fauteuil relax ça lui va bien, il a promis d’arroser, çà, moi j’ai une casquette Lafuma couleur chasseur et Courte Patte un litre de rosé je soupçonne les gars du ravito d’y être pour quelque chose , ils l’ont repéré, c’est sûr Courte Patte a la descente rapide.

Petit rosé, saucisson , et toutes les banalités sucrées classiques en guise de buffet d’arrivée c’est sympa on se retrouve autour du buffet les mécréants entachés en pompier sont là depuis un bon moment j’apprends à l’ancien chamoisé qu’on a perdu Annick de la Costiere, son épouse, il n’a pas l’air inquiet mais n’ose y croire , et soudain des cris , des hurlements près de l’arche d’arrivée me font lever la tête , frère Jacques arrive, élégant, on dirait un saint, il est là enfin, transpirant, le crane perlant, que s’est il passé, je le croyais devant, alors qu’il était derrière, incroyable frère Jacques , jamais là où on l’attend, il nous salue brièvement et se jette sur le buffet avalant d’un trait le vin de messe et mangeant plusieurs rondelles de saucisson.

Alors frère Jcquesa que t’est-il arrivé ???

«  fil , je vous ouvrais la voie le long de la rivière, lorsque la montée sinueuse vers le sommet s’offre à moi, je baisse la tête et avance lentement mais sûrement en regardant mes pieds , il faut s’avoir être humble dans l’effort , à l’approche du sommet , là où deux voies s’ouvrent à moi je me décide à vous attendre, pour ne pas vous perdre.

J’ai attendu longtemps, conscient du rythme assuré de ma montée, jusqu'à être pris d’un doute, tu sais il faut savoir écouter ses émotions et le doute est la force qui conduit à la remise en questio , relevant alors la tête , quittant mes chausses maculées , je suis surpris et je comprends ne voyant aucun balisage , une lueur alors illumine mon esprit, j’ai quitté le chemin tracé, au diable, et je suis présentement sur la mauvaise voie.

Que faire, encore une épreuve à laquelle notre père à tous me soumet , alors je retourne en arrière et retrouve le chemin, tu sais il faut savoir regarder derrière pour mieux repartir .

Mais vous êtes arrivés, sans encombre, là est ma r »compense, je suis comblé maintenant partageons le pain et surtout le vin………

« frère Jacques nous avons perdu dame Annick de la Costiére , je m’en veux terriblement… »

Alors frére Jacques du haut de sa grande bonté se montre rassurant « grand philou , noble est ton repenti , mais ce n’est pas ta quête, dame Annick de la Costiere est soumise à l’épreuve a chaque sortie collective cela se produit ,rappelle toi à Plan de Baix , elle a plongédans les eaux tumultueuse sdu torrent en butant sur une racine qui a jailli sur son chemin .

aujourd’hui c’est une nouvelle épreuve pour elle mais sois confiant elle n’est pas grande certes mais elle est costaude , viens trinquons à sa santé « 

« ok à la tienne , frère Jacques, tu es un grand homme »

Le temps passe agréablement autour du buffet, tiens il parait que dieu le grand homme au vêtement d’un blanc immaculé assorti à ses cheveux est passé pour nous voir, mais nous tardions il a du repartir prêcher en sa commune de Charols.

Le stand d’arrivée vient de fermer et on nous attend à l’apéro, vraiment sympa les bénévoles du comité des fêtes, soudain je vois l’ancien chamoisé se retourner brusquement , je croise son regard, il a l’air heureux comblé, on vient d’annoncer l’arrivée de la dernière concurrente Annick de la Costiere passe sous l’arche d’arrivée , l’ancien est fier il la regarde et court vers elle, ils sont beaux ces deux la, je me demande si derrière son air si décontracté l’ancien chamoisé n’avait pas un peu la trouille pour son épouse.

Frère jacques est déjà au repas lentilles au lard, rôti de por , rosé à volonté juste ce qui nous fallait après cette sortie sympa , ça fait du bien de retrouver les copains autour d’un repas, encore un bon moyen pour redémarrer une nouvelles saison.

Merci frère Jacques pour cette balade ce fut un beau moment, l’an prochain nous reviendrons .

                                                                                                          L’anonyme

Ps : j’oubliais une nouvelle importante que frère Jacques m’a confié alors qu’il était repu

« j’ai été choisi pour bénir l’union de pupuce et de renato, ça fait 2 ans que j’œuvre en ce sens , je suis content pour eux , ils vont enfin sortir du péché ».

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